A la Une

Ils ont rejoint Neurodis !

Suite à l’appel d’offre lancé par la Fondation en 2010, quatre nouveaux chercheurs démarrent leur contrat en ce début d’année 2011.

Fadila Hadj-Bouziane est rentrée des Etats-Unis en septembre 2010 et a occupé pendant quelques mois un poste de post-doctorante dans l’équipe de Martine Meunier et Alessandro Farne, offert par Neurodis suite au départ d’Elisa Monfardini. Elle vient maintenant d’obtenir un contrat de Jeune chercheur pour 3 ans. Ses travaux portent sur les mécanismes cérébraux de « l'extinction », phénomène physiologique que l’on rencontre chez les patients souffrants d’héminégligence, suite fréquente d'un accident vasculaire cérébral qui va conduire le patient à « ignorer » la moitié de son champ visuel. Les recherches de Fadila devraient permettre d'optimiser les outils thérapeutiques destinés à la réadaptation de ces patients.

Éric Ducret va travailler au sein du laboratoire de Radhouane Dallel à Clermont-Ferrand. Son projet de recherche porte sur l’allodynie mécanique, symptôme de certaines neuropathies se manifestant par une douleur ressentie lors de l'application d'un stimulus tactile qui n’est normalement pas ressenti comme douloureux. Son projet devrait permettre de mettre en évidence des cibles thérapeutiques pour le traitement de ce symptôme jusque-là mal pris en charge.

Frédéric Brischoux, après une expérience internationale prestigieuse (Université McGill à Montréal et Imperial College à Londres)  revient en France pour mener un projet de recherche dans le domaine des troubles du sommeil au sein du laboratoire de Pierre-Hervé Luppi. Il va étudier les mécanismes neuronaux centraux impliqués dans le syndrome d'apnée du sommeil pour lequel aucun traitement pharma-cologique n'est encore disponible.

Ils seront bientôt rejoints par le Dr Ugo Borello, chercheur italien qui après une expérience californienne de six années travaillait depuis trois ans à l’Institut Jacques Monod à Paris. Il intégrera en juin prochain l'équipe de Pierre Savatier et Colette Dehay au sein de l'Institut Cellule Souche et Cerveau à Bron, et apportera son expertise dans l'étude des mécanismes cellulaires et moléculaires régulant la prolifération et la différenciation des cellules souches neurales sur lesquels reposent les espoirs de futures thérapies cellulaires de pathologie neurologique comme la maladie de Parkinson.

Avec ces quatre nouveaux recrutements la Fondation Neurodis a accompli le contrat d'objectifs que lui avait assigné le Ministère de la Recherche lors de la création de la fondation en 2007 puisqu'en quatre ans nous aurons financé 19 postes de chercheurs sur des contrats de deux, trois, ou cinq ans. Sur ces 19 postes, 9 ont été attribués à des chercheurs étrangers et 5 à des chercheurs français expatriés qui ont pu rentrer en France grâce au soutien de la Fondation Neurodis.

Pour poursuivre cette mission de recrutement international, voire pour élargir sa mission à d'autres formes de soutien à la recherche sur les maladies du cerveau, la Fondation Neurodis doit maintenant trouver les ressources nécessaires auprès de mécènes et donateurs privés, particuliers, entreprises, ou fondations distributives. Engagés dans cette démarche depuis quelques mois nous sommes heureux d'accueillir le premier mécène de la fondation chef d'entreprise, Gérald Rios, président de GR Groupe. Sensible aux valeurs incarnées par la Fondation, Gérald Rios nous accompagne également dans notre stratégie de développement de ressources.

L’équipe de la Fondation Neurodis a également une pensée pour la famille et les proches du petit Armand qui nous ont manifesté leur générosité dans les circonstances douloureuses qui les ont touchés.

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L'éditorial

Pourquoi Neurologie et Psychiatrie cohabitent elles aujourd’hui ? L’exemple de la douleur

Pour comprendre ce rapprochement entre Neurologie et Psychiatrie il faut tout d’abord se demander pourquoi ces deux disciplines médicales se sont séparées il y a quarante ans. La question centrale est celle du dualisme entre cerveau et esprit ; question que l’on peut simplifier en se demandant : est-ce le cerveau qui pense ? Au XXIème siècle la réponse est à l’évidence affirmative. En 1970, moment où Neurologie et Psychiatrie se sont séparées nous n’avions aucun moyen de faire le lien entre nos pensées, nos décisions, nos émotions et le cerveau en tant qu’organe. Dans les maladies dites psychiatriques (dépression, psychoses,…) l’examen anatomique du cerveau des patients ne décelait aucune lésion. Inversement  cette approche dite anatomo-clinique montrait que des lésions cérébrales permettaient d’expliquer les symptômes dans les maladies dites neurologiques. D’un côté se trouvait l’esprit et ses errances, de l’autre la machinerie cérébrale, ses lésions et ses dysfonctionnements.

C’est l’explosion de l’imagerie des fonctions du cerveau (Imagerie Fonctionnelle) au cours des trente dernières années qui a bouleversé la conception dualiste entre Neurologie et Psychiatrie. Ces nouvelles techniques permettent d’étudier sans risque le fonctionnement cérébral du sujet lorsque celui-ci est engagé dans la réalisation de tâches motrices, sensorielles, ou cognitives (mémoire, prise de décision,…), ou impliqué dans des situations mettant en jeu ses émotions. L’imagerie fonctionnelle permet d’étudier les modifications de l’activité électromagnétique des neurones (Électro-encéphalographie (EEG), Magnéto-encéphalographie (MEG)), du débit sanguin cérébral (IRM fonctionnelle), du métabolisme cérébral ou de la neurotransmission (Tomographie par Émission de Positons (PET Scan).

Il est rapidement apparu qu’au moment où un sujet programme une action, prend une décision, éprouve une émotion ; bref au moment où son cerveau élabore une pensée des réseaux de neurones spécifiques à chacune de ces activités sont activés. Sont également apparues des différences d’activation entre sujets sains et malades souffrant d’affections psychiatriques. À titre d’exemples les patients atteints de schizophrénie n’activent pas leur lobe frontal de la même manière que les sujets sains lorsqu’ils ont à prendre une décision ; lors de la survenue d’hallucinations auditives les aires corticales de l’audition s’activent alors qu’elles restent normalement inactives en l’absence de stimulus auditif externe. Une nouvelle science des signes (sémiologie) témoignant d’un désordre de la pensée s’est ainsi constituée, fondée sur une cartographie des dysfonctionnements du cerveau. Dès lors il n’importe plus que les signes en question appartiennent au champ de la Neurologie ou de la Psychiatrie.

À titre d’exemple nous prendrons non pas une maladie mais un signe qui illustre bien la transversalité entre cerveau et esprit, ou entre ‘Neurologie et Psychiatrie’, vers laquelle tend la ‘médecine du cerveau’ à savoir : la Douleur. Chez un sujet sain il s’agit le plus souvent d’une sensation, mais aussi d’une réaction comportementale et émotionnelle à une stimulation potentiellement nocive qui active des voies nerveuses en périphérie, puis dans la moelle épinière et le thalamus jusqu’à certaines aires spécifiques du cortex cérébral, en particulier l’insula. Il peut s’agir aussi, toujours chez le sujet sain, d’une souffrance empathique à la vision de la douleur de l’autre considérée comme une ‘disposition naturelle à la compassion’ depuis Jean-Jacques Rousseau. Il peut s’agir enfin d’une souffrance morale par exemple lorsque le sujet vit une situation d’exclusion sociale, l’actualité récente des suicides en relation avec les conditions de travail témoigne de la dramatique réalité de cette situation. L’imagerie fonctionnelle a montré au cours des cinq dernières années que l’expérience de la douleur physique, le vécu empathique de la douleur d’autrui et la douleur sociale ont en commun d’activer la même région de l’insula.  Qu’advient-il si cette région cérébrale ne fonctionne plus normalement ? Nous le savons pour les lésions de l’insula qui peuvent créer des douleurs chroniques en l’absence de stimulus douloureux. Les recherches actuelles par imagerie cherchent à comprendre ce qui se passe dans le cerveau lorsque, du fait d’un trouble mental, la capacité d’empathie à la douleur de l’autre est anormalement émoussée, ou lorsque la souffrance morale en situation d’exclusion atteint un paroxysme au point de pousser au suicide, ou encore lorsqu’une intense souffrance est ressentie par le patient en dehors de toute situation à même de la provoquer chez un sujet sain. Un continuum existe donc en termes d’activité cérébrale entre notre douleur à tous qui nous protège des agressions nocives et la douleur morale qui pousse le mélancolique au suicide.

Plusieurs équipes de la Fondation Neurodis dont celles animées par Luis Garcia-Larrea et Angela Sirigu à Lyon, Roland Peyron à St Etienne, et Radhouane Dallel à Clermont Ferrand contribuent à élucider les mécanismes de ces différentes facettes de la douleur.
La convergence entre Neurologie et Psychiatrie est par ailleurs le thème clé du projet CESAME (Cerveau et Santé Mentale) soutenu par la Fondation Neurodis.

Pr François Mauguière
Directeur de Neurodis

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TLM Journal télévisé - 01 octobre 09

ACTUALITÉS

La vie de la Fondation


Retrouvez le bilan et les photos de la journée du 17 mars 2012
sous le Chapiteau des Neurosciences sur la Place Antonin Poncet
, pour la 3ème année de participation à la Semaine du Cerveau.

Soirée CGPME du 2 mars 2012 organisée par Neurodis à l'Hôpital Neurologique.

LILI : un Equipement d'Excellence unique à Lyon

Retrouvez le rapport des experts du Conseil Scientifique International de Neurodis suite à la 3ème réunion du 24 novembre 2011.

La Chaire d'Excellence en Neuroimagerie fonctionnelle


La Fondation Neurodis

Le rapport Scientifique 2010

Le rapport Scientifique 2009

Le rapport moral et compte-rendu de gestion 2010

Le 3ème rapport du Conseil Scientifique International du 24 novembre 2011

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Interview de Jacques Lambert, Président de la Fondation